En acceptant le poste de ministre de la transition écologique et solidaire du gouvernement Philippe, Hulot alimente le mirage d’une écologie néolibérale, au détriment de l’écologie réelle, qui consiste à remettre en cause les fondements anti-écologiques de l’économie de marché mondialisée.

Cette élection présidentielle aura au moins eu le mérite de faire éclore au grand jour les opportunismes les plus vils. Après Cohn-Bendit, Hue, Bayrou, Valls et tant d’autres, voici notre Hulot national qui franchit le pas et devient ministre « de la transition écologique et solidaire ». Où l’on note au passage que le ministère n’est pas celui de l’écologie mais bien de la transition. Comme toujours avec Macron, l’accent n’est pas mis sur le but à atteindre mais sur le mouvement, l’essentiel étant que cela bouge !

L’ « ouverture » initiée par Sarkozy se transforme donc sous Macron en véritable auberge espagnole. Après la déception de Bayrou face aux investitures d’En Marche !, on se demande combien de temps il va falloir à Hulot pour déchanter, à moins qu’il soit parfaitement conscient de ce qu’il fait, mais ce serait lui faire grâce d’une intelligence qu’il nous aurait bien cachée jusqu’à aujourd’hui.

Car, je voudrais bien que l’on m’explique ce qu’un soi-disant « écologiste » vient faire dans ce gouvernement, dont le premier ministre est un ancien d’Areva, chantre national du nucléaire, nommé par un président qui, lors de son débat télévisé avec Marine Le Pen, n’a pas prononcé un seul mot sur l’écologie et cette magnifique transition en trois heures d’émission.

Le mirage d’une écologie néolibérale

Comme beaucoup d’autres anciens hommes « de gauche » convertis au macronisme, ce cher Nicolas doit se dire qu’il va pouvoir changer les choses de l’intérieur, au cœur du volcan, en espérant infléchir la politique anti-écologique de notre président – parce qu’il faut bien garder à l’esprit que toute politique néolibérale est par définition anti-écologique. Comme un certain Hamon devait se dire – et il semble toujours le croire – qu’il va pouvoir inverser la vapeur dans un parti socialiste en ruine. Certains me rétorqueront que l’on pourrait au moins lui laisser sa chance.  Le problème, c’est qu’en acceptant ce poste, Hulot alimente l’idée selon laquelle il serait possible, moyennant des taxes carbone et autres inventions néolibérales écocertifiées, de faire de l’écologie dans une économie néolibérale, alors qu’écologie et néolibéralisme sont par essence incompatibles.

Hulot est un parfait dindon qui, convaincu d’être l’homme de la situation, va se faire plumer en acceptant de se soumettre à la volonté de ses supérieurs pour appliquer le programme économique libéral de Macron, en attendant que son jour écolo arrive. On peut compter sur l’équipe de Macron pour distiller quelques mesurettes afin de donner un os ou deux à ronger à son ministre – et par la même occasion aux français – , jusqu’au jour où il se rendra compte qu’il s’est fait manipuler par plus malin que lui, si tant est qu’il soit lui-même suffisamment perspicace pour s’en rendre compte.

L’air pollué, les nappes phréatiques souillées, le réchauffement climatique, les océans de plastiques, les pesticides, les aéroports inutiles, les projets d’urbanisation, le diésel, le nucléaire, tout ça c’est fini ! Grâce à M. Hulot, l’écologie se met en marche !

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